POLARS NORDIQUES

Lundi 26 mai 2008
Le bonhomme de neige

Jo Nesbo, Le bonhomme de neige, Gallimard (série noire)

Voici le dernier roman que nous livre Jo Nesbo et c'est un excellent moment. Harry Hole, commissaire de son état en est le principal protagoniste : problèmes avec l'alcool, en conflit avec sa hiérarchie, revenu de tout....Bien sûr, ce n est pas original mais laissez vous embarquer!
Le climat est oppressant, les crimes se succèdent dans des mises en scène sadiques, mais rien n'est gratuit et forme un excellent polar "psychologique". Dès le début, le lecteur est pris dans le filet de ce "bonhomme de neige" qui apparait dans le jardin, au moment même où disparait la première victime....lorsque tombe la première neige.
C'est de loin mon polar coup de coeur du mois de mai et j'espère que vous le partagerez également.

Par Florence, votre libraire
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Lundi 21 avril 2008
                             La nuit tous les loups sont gris

Le héros récurrent des polars de Gunnar Staalesen se nomme Varg Veum, en vieux norrois (langue scandinave médiévale), l'expression "vargr i veum" signifie "le loup dans le sanctuaire". Varg Veum est effectivement éloigné de l'agneau qui vient de naître et c'est ce qui fait l'épaisseur du personnage. Il a du quitter le service de la Protection de l'Enfance où il travaillait après avoir quelque peu malmené un dealer, qu'importe, il devient détective privé.
Ses enquêtes ont pour principal décor la ville de Bergen et Staalesen livre alors, au travers des yeux de son détective, une peinture amère de cette ville, ravagée après la guerre et dans laquelle les inégalités sociales sont largement marquées, remettant parfois ainsi en cause le modèle norvégien.
Les intrigues sont souvent au service de cette fresque et Staalesen prend le temps d'introduire et de fouiller ses protagonistes pour donner encore plus d'impact au propos. L'humour un brin décalé et pince sans rire de Varg Veum, ses aventures d'un soir et ses bouteilles d'aquavit descendues en solitaire, ses rapports parfois compliqués avec la police finissent de situer le personnage.
Je conseille toute la série, mais voici quelques titres qui me sont chers :

La belle dormit cent ans
: on retrouve le Varg Veum de la Protection de l'Enfance entre révolte et incompréhension. La bonne société de Bergen est au coeur de l'intrigue et les vitrines sociales ne tardent pas à voler en éclats.

La nuit tous les loups sont gris : La collaboration lors de la seconde guerre mondiale est loin d'être une exception française. Dans ce roman, Staalesen revient sur cette période de l'histoire de la Norvège où le régime de Quisling collaborait avec les nazis. Attention aux faux semblants et aux figures prospères qui ont construit leurs richesses sur le mensonge.

Anges déchus : un roman très noir et très proche du héros puisqu'il l'invite à replonger dans sa propre enfance. L'horreur de la violence faite aux plus faibles, aujourd'hui comme avant les choses changent elles vraiment ?
Des meurtres en série, des vengeances qui en appellent d'autres : un cercle infernal sans fin.

Des polars plus que solides qui valent autant par leurs intrigues que par leurs critiques politiques et sociales et par la véritable fresque que Staalesen réalise dans sa peinture de Bergen et des moeurs norvégiennes.

Par Florence, votre libraire
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Lundi 7 avril 2008



Arnaldur Indridason, L'homme du lac, Metailie

Le précédent ouvrage d'Arnaldur Indridason (La voix) m'avait quelque peu laissée dubitative de par son atmosphère lourde sans être pour autant prenante. Avec l'homme du lac, retour vers l'Indridason que j'aime : moins égocentré sur son personnage principal et qui nous fait découvrir l'Islande. Cette fois-ci, l'intrigue trouve sa source dans le passé et l'on découvre donc peu à peu l'Islande contemporaine (où le soleil brille, une fois n'est pas coutume) mais également des décennies d'une histoire plus noire, peuplée de haine et de rancoeur grandissante, où la Stasi est présente. Comme toujours avec Indridason, le style est sobre et cela donne encore plus de force au récit de la tragédie. Vraiment, je ne dirais pas la même chose de La voix, mais ce dernier roman mérite plus que le détour et vaut tant par la force de l'intrigue que par la peinture précise des personnages.
A découvrir absolument.

Cliquez ici pour voir la critique de La voix du même auteur.
Par Florence, votre libraire
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Dimanche 6 avril 2008



Karin Alvtegen, Ténébreuses, Plon, 315 pages

Alors que Honteuse, son avant dernier opus nous avait un petit peu laissé sur notre faim, on ne sort pas tout à fait indemne de Ténébreuses. Cela confirme qu'on ne peut pas vraiment classer ses ouvrages dans les polars ou dans les thrillers, mais bien plus sûrement dans les romans noirs.
Que cache la vie et l'oeuvre d' Axel Ragnefeld, écrivain "nobélisé" au seuil de la mort ? Les investigations d'une employée municipale en charge des successions nous plongeront progressivement dans une atmosphère noire, oppressante et riche en révélations. Quel prix est on prêt à payer au nom de convictions et de principes?

Avis aux amateurs d'atmosphères troublantes, il est bon d'être la victime (consentante) des manipulations psychologiques de Karin Alvtegen.

Cliquer ici
pour accéder à un autre article du blog concernant Karin Alvtegen

Par Florence, votre libraire
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Samedi 29 mars 2008
Recherchée                      Trahie                     Honteuse

Si Henning Mankell est le roi du polar suédois, Karin Alvtegen en est bien la reine et à ce titre, elle est aussi célèbre que lui dans les pays nordiques. A l'heure où Ténébreuses, son dernier roman vient de paraître chez Plon, revenons sur ses 3 précédents opus: Recherchée, Trahie et Honteuse.

Recherchée, son permier roman, a toutes mes faveurs. Road-movie à la suédoise, il nous fait vivre au rythme fou et désepéré de Sibylla, son héroïne que tout accuse et nous montre une Suède craintive prompte à poursuivre celle qui vit en marge et refuse les codes. Thématique hautement universelle. L'intrigue est captivante, les personnages fascinants et la réflexion sur la société intéressante. Que demander de plus?

Trahie, son deuxième roman, s'attache plus à décrire les traumatismes et mécanismes qui poussent un tueur psychopathe à passer du fantasme à l'acte. Une thématique classique du thriller à l'américaine, revisitée à la sauce suédoise avec notamment la vision de la victime qui sent venir petit à petit l'inéluctable. A lire.

Pour ma part, j'ai un peu moins accroché avec Honteuse, son troisième opus. Karin Alvtegen s'attache ici à explorer les arcanes de la culpabilité, réelle ou supposée mais néanmoins traumatisante de ses héroïnes. Deux intrigues se mêlent ici pour se rejoindre à la fin. La psychologie des personnages est ici plus importante que l'intrigue. Avis aux amateurs.
Par Cécile votre libraire
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Samedi 29 mars 2008

         Millénium - Millénium, T1                   Millénium - Millénium, T2                  Millénium - Millénium, T3

Voilà bien un des grands phénomène littéraire de la fin de l'année 2007 et de ce début d'année 2008. Stieg Larson s'impose avec sa trilogie Millenium comme le chef de file du polar nordique...en terme de volume de ventes en tout cas. Mais le débat fait rage parmi les amateurs de polars venus du froid, Stieg Larson est-il vraiment aussi bon que ses petits camarades: Henning Mankell, Arnaldur Indridason, Gunnar Staalesen, Karin Alvtegen...?

C'est bien évidemment à chacun d'en juger. Mais disons simplement que les Mankell et consorts ont produit une littérature plus complète, peuplée de personnages plus denses et plus ambigus. Ils existaient avant Larson et ils poursuivront bien entendu après lui (ce dernier étant décédé peu de temps après avoir remis ses manuscrits à son éditeurs). Ils ont sans doute ouvert la voie qui a permis le succès de Larson.

Millenium n'en est pas moins une trilogie hautement recommandée pour découvrir le polar nordique et se laisser embarquer vers ce qu'on fait de mieux actuellement dans ce domaine.

Les avis divergent également pour décerner la palme parmi les 3 opus. Pour ma part, j'ai adoré le permier tome Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Larson a l'originalité de nous faire revenir à une intrigue extrèmement classique assez rare actuellement. Un vrai travail de détective qui déterre le passé d'une grande famille d'industriels suédois. Mikael Blomkvist, journaliste de son état et Lisbeth Salander, marginale et super hacker, mènent l'enquête pous nous. Nous ne quitterons pas ces deux personnages tout au long des 3 volumes et nous apprendrons à les connaitre et bien sur à nous y attacher au fil des pages. Pour résumer, lorsqu'on se plonge dans ce premier tome, on ne le lâche pas avant de connaitre le dénouement...un polar comme on les aime donc, captivant!

Le deuxième opus La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette nous fait plonger dans le passé trouble de Lisbeth. C'est dur, c'est violent mais on fait d'orénavant partie de la famille des héros alors on se passionne pour leurs aventures (malgré quelques invraisemblances).

En ce qui concerne le dernier tome, La reine dans le palais des courants d'air, il décrit la préparation du procès de Lisbeth (et je n'en dirai pas plus!). Je sais que certains ont préféré cet opus aux précédents, mais pour ma part, j'ai moins accroché.


Alors, faites vivre le débat, donnez-nous votre avis!

Par Cécile votre libraire
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Jeudi 27 mars 2008

La cinquième femme             Meurtriers sans visage           Le guerrier solitaire        Avant le gel


Au fil de ses romans, Henning Mankell a imposé l'inspecteur Kurt Wallander comme un nouveau membre de la famille des héros de polars en"demi-teinte". Ni anti-héros, ni parfait tombeur, ni virtuose de la gachette ou limier d'exception, anti conformiste mais attaché à ses principes.....ses imperfections nous le rendent proche et familier.
En décalage avec la Suède d'aujourd'hui, conscient de la complexité des relations familiales les plus évidentes....les interrogations d'Henning Mankell nous "parlent" : est ce que tout s'accèlère vraiment ou est ce nous qui, en vieillissant, nous déconnectons peu à peu d'une certaine réalité? C'est peut-être le père de notre héros qui a la réponse à cette question en peignant toujours le même paysage depuis des années, avec ou sans coq de bruyère....

Personnellement, la première enquête de Wallander (Meurtriers sans visage) garde toujours ma préférence, mais mon coeur balance également entre La cinquième femme et Avant le gel, dernier Wallander en date. Mais attention, Kurt Wallander change, évolue, vieillit, et même rajeunit au fur et à mesure de ses aventures et si vous avez le bonheur de ne pas encore le connaître, alors commencez par le commencement! Au-delà de l'attachement au personnage principal et à la description sans concession mais sans excès de la société suèdoise, les intrigues particulièrement riches nous tiennent en haleine.

Même si une bonne partie de l'oeuvre d'Henning Mankell est consacrée aux enquêtes de Kurt Wallander, vous pourrez également découvrir le côté "africain" de l'auteur (il a vécu au Mozambique) dans la lionne blanche ou suivre sa description du milieu des clandestions en suède dans tea bag. On sort ici de l'univers du polar pour enfiler les habits de Mankell, témoin d'une société en mouvement. Non dénué d'humanisme et heureusement préservé de tout manichéisme simplificateur.
Le professeur de danse est également un roman dont Kurt Wallander est absent mais qui nous conduit dans les heures noires de la seconde guerre mondiale et des cicatrices qui jamais ne se referment.
Le dernier roman Profondeurs est une narration autour du devoir, de la haine, de l'amour et de la violence qui nous tient en haleine.

Mais même si je conseillerais les yeux fermés n'importe quel livre de Mankell, je reste une fan inconditionnelle de Wallander.

N'hésitez pas vous aussi à nous faire partager votre avis et vos sentiments sur ces ouvrages.



Profondeurs         Tea bag         La lionne blanche          Le retour du professeur de danse

Par Florence, votre libraire
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Jeudi 6 mars 2008



Arnaldur Indridason, spécialiste du polar à l'islandaise, est de retour en format poche avec La voix. Dans la lignée de ses deux précédents opus, La cité des jarres et La femme en vert, le commissaire Erlendur trimbale sa déprime tranquille sous les neiges de Reykjavik. Et cette fois, il est confronté à un père Noel assassiné dans le sous-sol d'un grand hotel de la ville. Le passé trouble du père Noel se révèle au fil des pages et nous plonge dans un univers sombre mais toujours attachant. A ne pas manquer pour les fans du polar nordique, sans doute le meilleur en ce moment. Pour ceux qui découvrent cet univers, préférez La cité des jarres ou La femme en vert, un ton au dessus tout de même.

Pour voir la critique de son dernier roman, cliquez ici.
Par Votre libraire
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