Je dois bien avouer que ma passion pour les polars doit énormément à une rencontre presque fortuite, il y a quelques années avec tout d'abord un personnage : Jean-Baptiste Adamsberg, puis ensuite
et très vite, avec son auteur : Fred Vargas et enfin avec tous les autres : Danglard, les "évangelistes", Vandoosler, Marthe, etc...
Tout a commencé avec
L'homme aux cercles bleus qui est le premier "rompol" (c'est ainsi que Ferd Vargas a baptisé ses polars) ayant pour personnage principal le commissaire Adamsberg. Pour
tout dire, en refermant ce livre, mes impressions étaient quelque peu mitigées : il y avait tant de soins apportés à nous rendre proche d'Adambsberg, à le connaître que cela m'avait semblé se faire
un peu détriment du rythme. Mais peu importe, tant de précision, de justesse dans le portrtait (et pas seulement celui d'Adamsberg), cela frôlait la trouvaille et appelait des
retrouvailles!
Les retrouvailles avec Adamsberg ne se feront qu'au huitième roman,
Pars vite et reviens tard qui a d'ailleurs fait l'objet d'une adaptation cinématographique. Nous nous retrouvons à
Paris, sous la menace de la Peste. Il vaut mille fois mieux lire le livre que voir le film. Si vous avez la chance de ne pas l'avoir vu, alors prenez le bouquin et vous ne serez pas déçu. L'inverse
n'est pas assuré.
Arrive ensuite
Coule la seine, trois nouvelles à ne pas négliger qui ont également pour principaux protagonistes le duo Adamsberg et Danglard. Enfin,
Sous les vents de Neptune,
nous emmènera, en compagnie du commissaire jusqu'au Canada.
Mais, comme je précisai en préambule, la série des Adamsberg n'est qu'une partie de la grande galerie de portraits et d'atmosphère dont Fred Vergas a le secret. Il y a par exemple, le trio des
évangélistes : Saint Marc, le médiéviste, Saint Mathieu, l'historien de la préhistoire qui peut vivre sans chaussures et connaît tous les secrets de la cueillette et enfin Saint Luc, l'historien de
la grande guerre. Ils sont à la fois complémentaires dans leurs "spécialités" mais également dans leurs personnalités, tous érudits mais pas tous bavards, certains bourrus, d'autres tout en
finesse. C'est par la précision de la description des personnages, des leurs "habitats", bref de leurs moeurs que les romans de Fred Vargas prennent toute leur ampleur. On retrouve alors la patte
de cette archéozoologue, spécialisée dans la vie villageoise de l'europe médiévale.
Debout les morts est le premier roman ou apparaissent les évangélistes, accompagnés de Vandoosler avec lequel ils partagent le gîte.
Nous les retrouverons également dans
Sans feu ni lieu, un polar très attachant qui dénonce l'absurdité de certaines évidences par bien trop simplistes.Sans oublier
Un peu plus loin sur
la droite, où Saint Marc le médiéviste et Marthe l'ex prostituée épauleront Louis Keilweiler dans une enquête parsemée de souvenir et de...déjections canines!
Je vous conseillerai également deux autres romans de Fred Vargas qui sortent du contexte parisiens et qui m'ont conquise :
Ceux qui vont mourir te saluent : attirée par l'antiquité et rêvant d'Italie, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman qui se déroule dans la Rome contemporaine. Il y est question
d'étudiants qui portent des prénoms d'empereurs et d'empoisonnement au Vatican, avec de la cigüe.
L'homme à l'envers : Des loups, le Mercantour, une femme égorgée...Une plongée dans l'univers de la bête du Gévaudan revu et corrigé par Fred Vargas. Il n'y aura donc pas que les
moutons que nous savourerons, les personnages aussi!
Vous l'avez compris, je considère qu'à l'instar d'un Tonino Benacquista, Fred Vargas est totalement incontournable dans l'univers du livre policier français. J'aime ses romans
pour ce qu'ils véhiculent d'humanité, pour leurs personnages, pour leurs atmosphères d'une précision quasi clinique. Et vous?
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